Un homme stressé

Stress, vous avez dit stress ?

Parlons du stress

Je vais vous parler du stress, car j’entends beaucoup d’idées fausses à ce sujet.

Vous pensez que le stress est la cause de tous vos maux. Depuis le début du 20e siècle, la médecine nous fait croire que tout ce qui n’est pas explicitement visible sur un examen n’existe pas et est du ressort du psychisme.

Ce fameux psychisme qui est devenu en quelques années le couteau suisse de l’explication des phénomènes comportementaux.
La réaction au stress a été étudiée et expliquée par le docteur Hans Selye à l’université de Montréal entre 1945 et 1976.
Hans Selye a montré que cette réaction est une réponse nerveuse et hormonale de notre organisme à une stimulation. Cette réaction nous permet de nous adapter aux variations de notre environnement.

Certaines réponses de l’organisme sont spécifiques à la stimulation :
– production de chaleur en réponse au refroidissement,
– sécrétion hormonale lors d’un effort physique.

Mais il y a aussi des réponses non-spécifiques :
– modifications biochimiques qui vont booster l’ensemble de l’organisme (adrénaline, cortisol, ocytocine, vasopressine, ACTH)

Symptômes du stress

Trois phases

Classiquement, la réaction au stress est décrite en trois phases :
Phase d’alarme : déclenchement instantané des réactions nerveuses et des sécrétions hormonales,
Phase d’adaptation : un nouvel état d’équilibre s’installe, ce qui devrait nous permettre d’ajuster notre comportement à la stimulation,
Phase d’épuisement : si la stimulation continue, l’organisme n’a plus les ressources pour réagir et les conséquences du stress deviennent dangereuses pour la santé.

Par exeSanglier stress braun etiopathe parismple :
Vous vous promenez seul(e) en forêt. Vos sens sont en alerte, tout va bien, pas de raisons d’être inquiet(e).

Vous entendez un bruit que vous attribuez à la présence d’un bon gros sanglier à quelques mètres.

Là, instantanément, votre pouls s’accélère, vos poils des bras se dressent : vous voici en phase d’alarme.

Vous vous trouvez en capacité de partir en courant ou de vous défendre s’il n’y a pas d’autres solutions.

À cet instant, vous ne songez pas du tout à attendre paisiblement que ce sanglier de 90 kilos vienne vous attaquer.

Mais si cette situation se transforme en un cache-cache dangereux pendant plusieurs longues minutes, vos capacités de réaction vont décliner.
Vous allez commencer à souffrir du ventre, votre vision va s’altérer, vous allez perdre vos capacités de réflexion : vous voici en phase d’épuisement.

Bien sûr, cet exemple n’arrive pas tous les jours, il existe des sangliers paisibles.

 

Réactions réflexes

Les réactions de votre corps face au sanglier sont des réactions réflexes.

C’est le premier point à retenir :
Ces réactions ne signifient rien, elles n’ont aucun sens.
Ces réactions servent à la survie de l’individu, tous les mammifères sont câblés comme ça.
Ce sont juste des réflexes, qui sont codés génétiquement, auxquels se rajoutent des éléments que vous avez mémorisés. L’ensemble caractérise votre réaction.

Dès la naissance, ces réactions existent.
Ce câblage nerveux et hormonal est indépendant du cortex, il existe chez tous les mammifères.
Lorsque la phase d’alarme est déclenchée, vous vous retrouvez dans un état que vous ne maîtrisez pas.
Je vous rappelle qu’il s’agit de réflexes.

Le deuxième point à retenir :
Après une phase d’alarme, le retour à la normale prend un certain temps. Bien que l’événement déclencheur de la phase d’alarme soit passé, vous en subirez encore les effets pendant quelque temps.

Le troisième point :
Si vous êtes soumis(e) en permanence à des informations perturbantes auxquelles vous ne pouvez pas échapper, vous vous trouverez rapidement en phase d’épuisement avec des effets néfastes pour votre santé.

Le stress n’existe pas en lui-même

Ce qui existe, ce sont les réactions qui adaptent votre corps en fonction de l’information que vous avez reçu. Et ça, vous ne le maîtrisez pas. Cependant, vous subissez les conséquences de la réaction : spasme, angoisse, tachycardie, insomnie.

Spasme sur le sphincter de la sortie de l’estomac, le pylore (appelé à tort plexus solaire),
Angoisse, car vous êtes oppressé(e), et cela génère de l’anxiété,
Tachycardie, car la sécrétion hormonale accélère votre rythme cardiaque, même quand vous essayez de vous détendre,
Insomnie, parce que vous ne pouvez pas vous trouver en situation de détente suffisante pour tomber dans les bras de Morphée.

 

Conséquences de vos réactions

Vous êtes excédé(e). Vous réagissez de manière on/off.

Ce qui est impossible pour vous à ce moment-là, c’est la réaction graduée qui est adaptée en permanence à la situation vécue. Mais comme vous ne pouvez pas vous adapter, vous réagissez de manière brusque, sans arrondir les angles.

Que faire contre le stress ?

Par exemple : Votre voisin du dessus refuse de baisser sa musique le soir et fait du bruit très tard. Vous en avez parlé avec lui, vous avez pris le temps de la discussion, mais il ne veut rien savoir.

Il vous méprise et vous empêche d’être au calme chez vous le soir, alors que vous en auriez bien besoin. Vous êtes inquiet(e) à l’idée de rentrer chez vous, car vous savez que vous allez devoir supporter tout ça. Vous êtes donc stressé(e).

Ce que vous allez faire : La prochaine fois que vous serez dans l’ascenseur avec lui, passez un bon coup de genou là où c’est délicat.

Pendant qu’il s’affaisse sur lui-même en suffoquant, vous lui dites gentiment : « je ne veux plus entendre ta musique après 20h ou je te viens tout casser chez toi ».

Essayez, vous verrez que vous irez bien mieux après !

Que se sera-t-il passé en vous pour que ça aille mieux ?
Vous aurez agi.

C’est la deuxième chose qu’il faut comprendre : la réaction appelée stress est une réaction qui prépare le corps à l’action.

Attaque ou fuite, mais réactivité.

Tout est prêt à ce moment-là :
Le foie relargue du sucre dans le sang, ce qui met du carburant à disposition des organes,
Votre cœur bat à un rythme plus élevé, ce qui propulse ce carburant aux muscles,
Vous secrétez de l’adrénaline qui va vous rendre plus fort(e), plus rapide et moins sensible à la douleur.

Vous êtes prêt(e) à l’action : vous êtes en état d’agir.

Vous êtes prêt(e) ? Moteur, action !

Vous êtes prêt(e) à l’action, mais rien ne se passe. Vous ne pouvez pas réagir parce que votre éducation ou la situation sociale ou la morale vous en empêche.

Vous vous trouvez en situation d’inhibition de l’action.

Vous n’utilisez pas vos possibilités, mais vous restez tous feux allumés, pied sur le frein et accélérateur à fond, sans embrayer.

Vous entendez le régime moteur ? Si rien ne casse à ce moment-là, vous aurez de la chance !

C’est exactement la même chose pour vous :
Hypertension chronique, dépression, douleurs digestives, saturation en cortisol.
Spasmes, Angoisses, Tachycardie, Insomnie.

Une solution, l’activité physique

Bougez, courez, musclez. Utilisez l’état dans lequel est votre corps plutôt que de lutter contre.
Les travaux de Henri Laborit ont montré que l’individu qui était actif en situation de stress restait en bonne santé.

Vous êtes énervé(e) : mettez les gants et tapez dans un punching-ball, partez courir une heure, allez à la salle de sport et défoulez-vous dans un cours abdo-fessier…

Vous ne dormez pas : lisez, faites des confitures, écrivez vos mémoires…

Vous ne pouvez pas lutter ? Fuyez ! Il n’y a pas de honte à tourner le dos à une situation que vous ne parvenez pas à surmonter.
Dans tous les cas, agissez. Rebellez-vous contre ce qui vous détériore à petit feu.

La pire réaction serait de ne rien faire et de tourner en rond dans votre tête, ce qui ne changera rien à la situation.
Le problème n’est pas mental mais physique, alors utilisez vos capacités physiques.

Faites-vous confiance pour retrouver votre instinct de survie.

Ce que l’étiopathie peut vous apporter

Si la réaction au stress est bien réelle, l’intensité de cette réaction va dépendre des capacités de votre corps à s’adapter.

Par exemple : Votre dos est un peu bloqué, mais vous ne le sentez pas.
Vos cotes sont moins mobiles, mais cela ne vous gêne pas dans le quotidien.

Si vous vous trouvez en situation de stress et que votre respiration doive s’accélérer, ce qui arrive plusieurs fois par jour (une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle, un effort physique…), vous ne pourrez pas respirer autant que vous le devriez.

Le résultat ?
Vous vous sentez oppréssé(e), inquièt(e).
Vous n’arrivez pas à retrouver votre calme après la stimulation.
Tout cela à cause de la mécanique vertébrale.

Si votre dos était fonctionnel, le même événement vous aurait agité un temps et tout serait rentré rapidement dans l’ordre.

Pensez à consulter votre étiopathe si vous vous sentez débordé(e), énervé(e) et inquiet(e) en permanence.
Une fois que votre colonne vertébrale sera fonctionnelle, vous serez en état de réagir aux événements qui vous agitent.

Vous serez capable de faire face plus facilement aux situations dans lesquelles vous vous trouverez.
Vous respirerez mieux, votre rythme cardiaque sera naturellement régulé.

Vous pourrez alors vous énerver ou vous calmer selon votre rythme.

Pour en savoir plus

Voici un extrait d’un reportage sur les expériences de Henri Laborit sur le stress. Attention, ces expériences ont été réalisées sur des rats. Mais c’est exactement ce qu’il se passe chez l’humain en situation de stress.

Vidéo d’expérience de Henri Laborit

Interview de Hans Selye sur radio canada en 1973

L’histoire du concept de stress  (pdf)


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