Etiopathe Paris: craquement articulaire

Craquement articulaire : des bulles sonores ?

Le traitement articulaire étiopathique fait du bruit

Il est de notoriété publique que lors de certains traitements articulaires, un son sec se fait parfois entendre. Vous appréciez différemment ce craquement articulaire.

Pour certains d’entre vous, ce bruit fait peur.
Vous levez un sourcil méfiant, puis vous proférez alors le célèbre : « Vous n’allez pas me faire craquer ? » sur un ton qui sous-entend le nom moins célèbre : « Je n’aime pas ça du tout, on m’a toujours dit que c’était très mauvais pour les articulations. »

Il y a ceux pour qui, au contraire, sans craquement articulaire, point de traitement efficace : « ça n’a pas craqué, vous êtes sûr que vous m’avez débloqué ? », voire : « ça n’a pas craqué, vous pourriez réessayer ? »

Si vous êtes un amateurs inconditionnel de craquements, vous nous présentez souvent par un aimable : « C’est le monsieur qui fait craquer les os », et votre voix se fait gourmande pour recommander : « Vas-y, ça fait du bien. » Sous-entendu, c’est spécial, un peu mystérieux et différent de la médecine, mais c’est efficace.

Mais, il faut voir la tête de votre enfant quand vous lui dites : « N’aie pas peur, le monsieur va juste te faire craquer les os, et après, tu iras mieux. »
Après ça, l’étiopathe n’a plus qu’à faire preuve de toute la pédagogie dont il est capable pour soigner le petit qui s’attend au pire.

 

Ainsi le bruit articulaire se charge-t-il d’un sens différent pour chacun d’entre vous…

Si le craquement articulaire est un des effets de la manipulation, il n’en est certainement pas le but

Le but du traitement articulaire étiopathique est de séparer très brièvement les surfaces articulaires afin d’obtenir un relâchement des tissus périarticulaires – capsule, ligaments…, soit les tissus à proximité de l’articulation proprement dite.

En effet, lorsque l’articulation est bloquée, ces tissus se retrouvent étirés en permanence ; ils deviennent alors le point de départ d’informations nerveuses erronées, qui vont provoquer des irradiations, des contractures, des perturbations organiques… Le traitement qui consiste à séparer un court instant les surfaces articulaires a été utilisé de tout temps, en toute innocuité, pour redonner de la mobilité à l’articulation bloquée.

Les Anglo-Saxons qualifient ce geste de « High-Velocity Low-Amplitude », soit « de faible amplitude à haute vitesse » : une manipulation extrêmement brève et qui reste dans les limites physiologiques de l’articulation. On appelle cette brève séparation la décoaption. Le bruit qui l’accompagne n’est que le témoignage sonore que l’articulation a bien été décoaptée.

Qu’est-ce qui fait crac ?

 

craquement articulaireAussi étonnant que cela puisse paraître à prime abord, le bruit articulaire, c’est le son de bulles qui implosent. Dit d’une façon un peu plus sérieuse, c’est un son de cavitation. Cette dernière se produit lorsque lorsqu’un gaz dissous dans un liquide est soudainement comprimé ou décomprimé. On observe alors une sorte d’ébullition par pression (et non par la température), le gaz se rassemblant sous forme de bulles au sein du liquide. L’implosion de ces bulles provoque un son.

Le liquide synovial qui lubrifie l’articulation contient de l’azote et du gaz carbonique en petite quantité. L’articulation étant fermée, l’augmentation rapide de l’espace entre les surfaces articulaires provoque un phénomène de cavitation : les gaz dissous dans le liquide synovial forment une microscopique bulle qui implose rapidement en générant un son. L’ensemble du cycle pression-cavitation dure quelques millisecondes et il faut environ 20 minutes avant de pouvoir le reproduire.

En somme, l’articulation que l’on fait craquer, c’est un peu comme une bouteille de champagne dont on fait sauter le bouchon…

 

Pour aller plus loin

L’articulationcraquement articulaire

Les articulations ont des surfaces en contact qui permettent le mouvement. Appelées « surfaces articulaires », elles sont recouvertes de cartilage et sont entourées d’une capsule fibreuse qui rend l’articulation étanche. La face interne de la capsule est tapissée par une membrane, appelée synovie, qui sécrète un liquide  incolore, transparent et filant (le liquide synovial). Ce liquide réduit la friction entre les surfaces, amortit les chocs, fournit de l’oxygène au cartilage et élimine les déchets métaboliques générés lors du fonctionnement de l’articulation.

 

Dans une articulation au repos (au réveil, par exemple), le liquide synovial est plus visqueux. La mise en mouvement va faire diminuer la viscosité et stimuler la sécrétion synoviale. D’où l’intérêt de l’échauffement articulaire avant l’action physique (sport ou travaux…). Plus la synovie est fluide, moins il y a de pression et d’effort sur l’articulation. L’exercice ou le geste sportif pourra être effectué à plus grande amplitude sans risquer d’altérer l’articulation.